Daria Baibakova quitte Nochlechka. Je vous avoue, cela fait des mois que je réfléchis comment annoncer cette nouvelle. Cette décision est d’une immense importance pour moi. Mais je ne suis pas certaine de trouver les mots tant mon émotion est grande, nous écrit Daria.
Une déchirure
Une grande partie de mon cœur restera à jamais dans ce bâtiment rose de deux étages, reconnaissable à son enseigne jaune, situé entre les gares de Savelovsky et de Belorussky. Là où, le matin, quel que soit la météo, une file d’attente se forme à l’entrée dans l’attente de l’ouverture des portes; là où règne un brouhaha constant : machines à laver, conversations, films… ; là où bénévoles, bénéficiaires et employés jouent côte à côte au backgammon, au ping-pong ; là où, l’été, on danse dans la cour, où les portes sont ouvertes à toutes et tous ; là où, année après année, chaque mardi, toute l’équipe (la meilleure équipe du monde) se retrouve dans une salle de réunion, trop petite pour accueillir tout le monde, où ensemble nous réfléchissons, débattons et où nous rêvons d’un avenir où les sans-papiers sans-abris ne seront plus abonnés à leur misérable sort, quand des structures idoines permettront la réinsertion de toutes et tous.
Nous n’avons fait qu’un
L’idéal, le travail, les buts de Nochlechka, je les ai adoptés dès mon premier jour en fonction, il y a huit ans de cela. Je suis entrée en symbiose avec Nochlechka.
Lire Comment tout a commencé.
Nochlechka est une organisation formidable, je suis très fière d’en faire partie. Chaque jour, nous nous efforçons de créer un monde où nous avons nous-mêmes envie de vivre. Un monde où l’on peut être soi-même, progresser, apprendre, créer et exprimer ses convictions. Un monde où chaque vie humaine compte.
Huit ans à la barre, cette période si importante et si heureuse de ma vie.
Se battre pour un monde meilleur
Nochlechka, ce sont des milliers de personnes qui refusent l’injustice, la stigmatisation et l’indifférence. Nochlechka, ce sont des milliers de personnes qui, pour une raison ou pour une autre, ont décidé d’agir pour changer le monde qui nous entoure.
Toutes et tous, je vous admire ! Et je suis infiniment reconnaissante envers vous qui nous soutiennent depuis tant années. Un immense merci aussi à toutes celles et à tous ceux avec qui nous avons créé et développé Nochlechka-Moscou. Tant de réalisations, tout spécialement celles pour aider les femmes sans-papiers sans-abris. Sans tous ces magnifiques appuis, cela aurait été simplement impossible à concrétiser.
Pour les femmes
Aujourd’hui, malgré des finances capricieuses, tout fonctionne bien, les divers processus sont optimisés, notre équipe performante est au complet, des milliers de personnes reçoivent notre aide chaque année. Dans ce contexte positif, je quitte Nochlechka pour lancer un nouveau projet dédié uniquement aux femmes sans-abris.
Je veux mettre mes connaissances du sans-abrisme, mes connaissances économiques au service de ces femmes tellement oubliées. Ces femmes qui souffrent encore plus que les hommes de leur statut de sans-abri.
Je pense qu’en œuvrant spécialement pour cette catégorie de personnes dans l’extrême besoin, mon travail sera, d’une certaine façon, le prolongement de celui de Nochlechka. Il le complétera.
Le sans-abrisme est un problème immense et complexe qui ne peut être résolu que collectivement. Plus il y aura d’aide professionnelle dans le pays, moins les gens se retrouveront à la rue et plus vite ils pourront en sortir, conclut Daria.
Plus que jamais, nous avons besoin de vous.
Sans votre soutien nous n’y arriverons pas. Merci de nous permettre de le faire.
Nous vous le rappelons : malgré les obstacles du boycott, nous arrivons toujours à transférer votre indispensable appui financier.