слишком дорого

Il arrive que des personnes se retrouvent à la rue, non à cause de problèmes familiaux ou d’escroquerie, mais tout simplement du fait de l’augmentation brutale de leur loyer. Elles n’arrivent plus à le payer.
A Moscou, pour un deux pièces construit dans les années 70, la hausse sur une année est en moyenne de 30%. Avec en plus l’inflation du prix de la nourriture, des services, bien des individus ne peuvent plus suivre.
C’est le cas de Boris, ce professeur de russe et de littérature.

Joindre les deux bouts
J’avais pourtant un salaire mensuel correct, 137’700 roubles, (1’370 CHF), mais avec cette hausse, presque 50%, terminé. Evidemment, dès que je n’ai pu acquitter le mois d’octobre, le propriétaire ne m’a pas laissé le temps de me retourner. Me demande d’ailleurs s’il n’a pas procédé à une telle augmentation afin de pouvoir me chasser?
Nous sommes à la fin de l’automne 2025 lorsque Boris se retrouve complètement démunis.
Ni une, ni deux, très vite c’est la rue qui m’attend car sans l’appartement, j’ai perdu mon emploi. Sans logement, les employeurs étatiques ne gardent pas les salariés.
Je n’ai pas de famille à Moscou, mes vieux parents, plus de 80 ans, habitent Tioumen, ils vivent chichement, inutile de les préoccuper. Ici, il y a bien des amis qui m’ont hébergé, mais vous savez, après quelques jours, cela suffit et très vite on a fait le tour des logements pouvant vous accueillir. On finit par dormir dehors, subissant la météo.

Le froid comme compagnon
En hiver, notre défi, à nous autres sans-abris, est d’arriver à passer la journée sans geler. Sérieusement, le risque est grand. Continuellement, nous sommes dans les intempéries. Où se réfugier ? Partout où il fait chaud, on nous chasse. Reste la marche. On marche beaucoup pour ne pas se refroidir.
J’évite au possible les grandes artères synonymes de coups de vent glacial. Il y a bien les bouches d’aération du métro qui rejettent de l’air chaud mais il est difficile d’y stationner.
C’est cruel.

Grâce aux godasses
A force d’arpenter les rues, les chaussures finissent par être dans un état lamentable, à l’image de leur propriétaire d’ailleurs. Plus elles accumulent les kilomètres, moins la semelle protège vos pieds du sol gelé, de la chaussée humide, des trottoirs couverts de neige.
J’en ai parlé à l’un de mes camarades d’infortune et il m’a dit : “Chez Nochlechka, ils distribuent des chaussures.” Je me s’y rendu et tout à changer.
Non seulement, ils m’ont donné une nouvelle paire, mais aussi des habits chauds, j’ai pu également prendre une douche et ils se sont débrouillés pour m’abriter quelques jours dans leur Centre d’Accueil.
Mieux encore, en attendant que mes papiers d’identité soient mis à jour, avec la perte de l’appartement je n’ai plus eu de Propiska, je peux travailler comme gardien dans leur tente chauffée. Je distribue la nourriture, je surveille la tente, etc.
Dès que possible, j’ai l’intention de suivre une formation pour acquérir une nouvelle spécialisation, par exemple dans le secteur de l’informatique.

L’hiver dernier, grâce à vos dons, nous avons pu héberger dans nos Tentes de la Survie plus de 1’200 personnes, les sauver de la mort blanche.

En hiver, plus que jamais, notre tâche est immense, soutenez-nous, vous épargnez des vies.

Important : malgré les embûches du boycott, nous arrivons toujours à transférer votre aide.