Gagik, bénévole

Depuis que je suis rentré dans le monde du volontariat, j’ai rencontré des gens formidables. Ce nouvel univers m’a ouvert l’esprit.
Gagik Yegiazaryan, volontaire moscovite au Bus de Nuit, nous raconte cette nouvelle expérience qui est entrée dans son quotidien.

Comme chaussures, deux sacs en plastique bleu
Je travaille en tant qu’analyste des ventes.
Mon hobby principal, en plus de marcher et découvrir, de toutes les manières possibles, les coins et recoins de Moscou, est la photographie. Je la pratique depuis longtemps.
Dans la rue, je rencontre souvent des sans-abris.
L’été dernier, je marchais le long de Tverskaya et j’ai croisé un sans logis qui errait le long de la route, seul, tristement. (La rue Tverskaïa, surnommée les Champs-Élysées moscovites est la rue commerçante la plus chère de Moscou).
Comme souliers, il chaussait deux sacs en plastique bleu.
Je l’ai suivi pour observer la réaction des passants. Quelques-uns ont ri, d’autres le pointaient du doigt, mais la plupart des gens ne remarquaient tout simplement pas toute la misère qui s’exprimait via ces deux sacs de plastique bleu.
A ce moment-là, j’ai réalisé qu’il était temps de faire quelque chose.

Tant de privations additionnées
De retour chez moi, j’ai entrepris des recherches sur des organisations sociales. Suis tombé sur Nochlechka. J’avais déjà vaguement entendu parler de son travail humanitaire.
Je m’y suis inscris et quelques semaines plus tard j’ai commencé ce job de nuit.
Je suis à Nochlechka depuis août 2020. J’ai le rôle honorifique de responsable de la cuillère…
Je plaisante.  Je veux dire que ma tâche est d’ordonner une file d’attente afin d’éviter les bousculades à l’heure de la distribution de vivre.
Je l’organise en distribuant les assiettes et les cuillères jetables.
Il arrive, de temps à autres, que des conflits éclatent. On le comprend. Il y a tant de frustration accumulée parmi celles et ceux que nous aidons chaque nuit.
L’important est de parler avec toutes ces personnes dès l’arrivée du Bus.

Pourquoi eux ?
En communiquant avec le sans-abri, grâce à lui, vous apprenez à mieux connaître le monde.
La partie la plus difficile du volontariat, pour moi, est probablement de comprendre que ce que je fais ne résout pas la raison pour laquelle les sans-abris se retrouvent dans une telle situation.
Oui, nous aidons les gens sur le terrain, de plus Nochlechka les aide avec la réhabilitation des documents administratifs, la recherche d’un logis, d’un travail, qu’elles et ils puissent être soignés.
Mais je comprends que globalement cela ne solutionne pas le problème, il est avant tout politique.

Retrouver une idée de liberté
En une année et demi, j’ai accumulé bien souvenirs, dès fois drôles, dès fois tristes, parfois même difficiles.
Le plus mémorable est probablement la façon dont les sans-abris se sont organisés et ont commencé à ramasser spontanément les ordures de la répartition des repas et des boissons chaudes.
Au début, sans même y réfléchir, ce sont nous, les bénévoles, qui nous chargions de laisser le lieu impeccable une fois la distribution terminée.
Aujourd’hui, lorsqu’elle s’achève, toutes les ordures ont déjà été collectées. Nous n’avons plus qu’à récupérer les sac-poubelles et les disposer à l’arrière du Bus.
Je pense que pour eux, cette façon de participer activement est une manière inconsciente de retrouver un certain control de leur quotidien.

Ne pas juger
Tant bien même que je ne leur donnais pas l’argent qu’ils imploraient, je n’ai jamais discriminer les sans-abris.
Quand j’ai commencé à comprendre comment l’on pouvait se retrouver à la rue, je me suis rendu compte qu’il y a tellement de raisons qu’il est faux de généraliser.
J’essaie de transmettre cette information aux personnes qui découvrent que je suis bénévole et qui n’ont qu’une vision bien trop unilatérale, manichéenne, du problème.

Sauvons des vies
Ces contacts journaliers offerts par nos Bus de Nuit, à Saint-Pétersbourg et à Moscou, sont indispensables pour les sans-logis, tant moralement que physiquement.
Ils répartissent de la nourriture chaude, des soins de première urgence mais aussi, du réconfort.

Face à cette réalité, face à l’hiver meurtrier, nous aimerions en faire tellement plus, mais nous sommes toujours à la limite de nos moyens financiers.

Aidez-nous à les aider tout au long de la saison hivernale.
Offrez des repas chauds. 500 roubles soit 6.10 CHF par personne.

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