Survivre dans la rue a des conséquences épouvantables.
Vous savez, pour affronter notre pitoyable réalité, fréquemment nous ingurgitons des alcools généralement frelatés. Il arrive aussi que nous prenions des produits de synthèse. Très souvent, un peu malgré nous, nous devenons accros, raconte Sacha, rencontré à la réunion annuelle des rescapés de la rue.
Fausses certitudes
Depuis de nombreuses années, Nochlechka offre aux sans-papiers sans-abris toxicomanes, alcooliques, une possibilité d’abandonner leur dépendance.
Elizaveta Aleksandrova, psychologue et spécialiste en toxicomanie, soutient les résidents de notre Centre de Réinsertion pétersbourgeois. Elle les aide à retrouver une vie normale et sobre. Elizaveta Aleksandrova explique : Le sans-abrisme et l’addiction sont très souvent liés. On croit généralement que l’addiction conduit au sans-abrisme, mais selon nos données, cette corrélation n’est observée que dans environ 13 % des cas. Le plus souvent, c’est l’inverse : les personnes se tournent vers l’addiction après s’être retrouvées sans domicile fixe.
S’en sortir
Les programmes de réinsertion pour sans-abris sont très rares en Russie. Tous proviennent d’entités privées.
Les Centres de Nochlechka, celui de Saint-Pétersbourg, mixte, et celui de Moscou, réservé aux femmes, en sont des précurseurs. Celui de Saint-Pétersbourg s’est ouvert mi-juin 2019. Celui de Moscou début mars 2026. A Saint-Pétersbourg, il accueille 15 personnes, à Moscou six. Ils proposent aux sans-papiers sans-abris de quitter leur addiction.
La méthode s’inspire d’un modèle social développé à Ottawa. A la différence notable : chez Nochlechka l’alcool est strictement interdit. Le projet est basé sur les principes de l’association des Alcooliques Anonymes.
La réhabilitation comprend des sessions individuelles et en groupes avec des conseillers en toxicomanie et des psychologues. Les réunions quotidiennes des participants sont conduites par des consultants ainsi que par d’anciens toxicomanes sans-papiers sans-abris ayant vaincu leur accoutumance. Ces personnes reçoivent soins, gîtes et couverts. La durée maximale du séjour est de six mois.
En outre, les avocats de Nochlechka aident chaque individu à résoudre ses problèmes juridiques, administratifs, facilitant ainsi son futur retour à un quotidien plus humain.
Peu importe le flacon
Le responsable du projet de réinsertion de Nochlechka, Slava Minin, dépeint l’alcoolisme chez les sans-papiers sans-abris : en effet, tous les moyens sont bons pour oublier le stress intense qui rythme leur quotidien. Faute d’argent, le sans-abri se rabat souvent sur des antiseptiques, des eaux de Cologne, des détergents, de l’alcool à friction, et autres liquides, avec les conséquences que l’on imagine.
En hiver, c’est pire, le sans-abri tente de se réchauffer avec de l’alcool quitte à s’endormir et mourir de froid.
Quelle volonté
Pour participer au projet, une personne doit, tout d’abord, suivre une désintoxication chimique, poursuit Slava Minin. C’est ainsi que sont posées les bases de la motivation consciente et de la récupération, sur lesquelles une personne, avec notre aide, construit sa vie, sans alcool.
Elle apprend à faire face aux difficultés, à travailler, à se défendre, sans alcool, à se réjouir, à célébrer, sans alcool, à se quereller, à tomber amoureux, sans alcool, à vivre sa vie ordinaire, mais, sans alcool.
70% de nos participants ressortent désintoxiqués de notre programme. Ils retrouvent une vie plus conforme, logement, travail, sociabilité.
Le projet d’ouvrir un Centre de Désintoxication pour femmes à Saint-Pétersbourg est toujours d’actualité. Nous recherchons les fonds pour ce faire.
Notre tâche est immense, aidez-nous à sauver des vies.
Important : malgré les embûches du boycott, nous arrivons toujours à transférer votre appui financier.