Fedor, Olga et les autres

Fedor a longtemps travaillé sur un chantier de construction. Les conditions étaient insupportables.
Faute de logement, Fedor n’a pas eu le choix, trop longtemps il a serré les dents, il dormait sur le chantier. Jusqu’à ce qu’il se fasse jeter, sans même être payé.
Comme Fedor, Ashot, Yuri, Oleg, ces victimes du sans-abrisme viennent au Centre d’Accueil pour y trouver nos avocats, nos assistants sociaux, afin d’essayer de résoudre l’imbroglio administratif qui leur tient lieu de cadre de vie.

A bout
Nos assistants soulignent que le plus dure pour le sans-papier sans-abri est l’attitude hautaine des fonctionnaires qui, sans réelles explications, émettent des refus tous aussi cinglants que dédaigneux.
Valentin, Konstantin, Olga, Fedor, Ashot, Martina, Yuri, Oleg, toutes et tous, dessinent le même schéma : ils ont été expulsés de leur piaule, ils ont été renvoyés de leur travail, ils n’ont pas reçu leur paie, ils ont été spoliés de leurs droits d’héritage, ils……,
Autre point commun, toutes et tous n’ont plus la force de se défendre, de lutter.
A Moscou, à Saint-Pétersbourg, interviennent alors nos prestations juridiques et sociales.
Tout faire pour que ces lésés de la vie puissent effacer les tourments qui les étouffent.

Malheur aux spoliés
Olga travaille dans une manufacture. Avec le Covid l’entreprise ferme. Les travailleuses sont indemnisées au lance pierre. Olga rechigne, le contremaître lui déchire son passeport rendant le document totalement caduc, Olga se retrouve à la rue.
Valentin est venu nous trouver, pieds nus. Malgré la neige fraîchement tombée, il n’avait plus de quoi se chausser. Il travaillait comme électricien automobile. Mis à la porte sans aucun kopeck, il se retrouve à la rue, tombe malade, veut se rendre à l’hôpital où on le rejette, Valentin n’a pas de papier.
Konstantin s’est rendu à Moscou pour enterrer sa mère. Quand il est rentré chez lui, son père et son frère avaient changé les serrures, ils ne l’ont plus laissé entrer.
Martina n’a pas de papiers en règle et ce n’est pas faute d’essayer. Pour la troisième fois, ses documents n’ont pas été acceptés au MFC, (organe en charge des documents administratifs). A chaque fois une nouvelle raison justifie un nouveau refus. Pour Martina un seul lieu où dormir, la gare de triage, là, dans les wagons à l’arrêt, jusqu’à ce qu’elle soit délogée. Depuis c’est la rue.
Nikollay, pour arranger ses problèmes conjugaux, achète un appartement. En vain. A peine tourne-t-il le dos que sa femme change les serrures. Nikolai passe ses nuits dans la salle d’attente de la gare. Un soir, manu militari,  il est expulsé. Depuis il erre dans la ville.

Le nombre de victimes croît de mois en mois
On pourrait aussi vous parler de Khazhak à qui on a volé ses papiers d’identité et qui ne sait plus que faire devant des fonctionnaires obtus qui lui demande de justifier son identité pour enregistrer sa plainte…
Des dizaines, des centaines de cas, illustrent tristement le sort réservé à tant de citoyens russes démunis de papiers d’identité, de propiska.
A Moscou et à Saint-Pétersbourg, nos avocats traitent mensuellement en moyenne 150 cas.
Le Covid ne facilite rien, au contraire. Au mois de novembre, les personnes qui ont contacté nos services dépassent largement le total des quatre mois précédents.

Retrouver une existence digne
La première mesure prise par Nochlechka, fournir à ces personnes un ersatz de carte d’identité. Elle leur permet, pour le moins, de ne pas être sans cesse harcelées par les policiers.
De plus, les juristes de l’association se chargent, jour après jour, des nombreuses démarches bureaucratiques que requiert l’obtention de la Propiska et autres papiers administratifs. Ils vérifient aussi la juste élaboration des contrats de travail, le niveau décent des salaires, tout ce qui a trait à la législation russe, au respect des droits humains.

Dans le meilleur des cas, ces démarches administratives exigent au minimum six mois mais il est plus souvent question d’une longue année, voir plus, ou jamais.

Appuyez nos actions d’entraide, vous sauvez des vies

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