Scandale de la soif

Comment est-ce possible de nos jours de souffrir de la soif dans des grandes villes telles Saint-Pétersbourg ou Moscou ?
Et pourtant, ils sont des dizaines de milliers de sans-papiers sans-abris à ne pas avoir accès à l’eau potable.
Une situation qui perdure depuis de très nombreuses années et dont nous essayons d’atténuer les néfastes effets par la distribution de bouteilles d’eau.
Une action que nous avons débutée à la mi-juin et qui se poursuit encore une quinzaine de jours.

En tout nous avons distribué à Saint-Pétersbourg, 3’587 bouteilles, soit 1’878,6 litres d’eau potable et à  Moscou, 2’570 bouteilles, soit 1’285 litres d’eau potable.

Inhumanité
Aujourd’hui, jeudi 7 juillet 2021, le thermomètre pétersbourgeois souligne les trente degrés.
La remise de bouteilles d’eau entreprise aux arrêts du Bus de Nuit bat son plein.
Nous y croisons Maria, la quarantaine bien entamée. Elle relate sa difficile quête de la précieuse boisson :
J’ai appris à économiser, il faut qu’une bouteille d’eau me serve plusieurs jours. Cela semble extravaguant, je sais, presqu’impossible même, d’autant plus, comme aujourd’hui, il fait très chaud, très humide et j’ai vraiment très soif.
Parfois, n’y tenant plus, je m’abreuve dans un canal et après, le ventre me tenaille méchamment, vous imaginez.
Il y a des jours où je crève de soif. Aujourd’hui, par exemple, je n’avais encore rien bu.
Il est 20h30, une cinquantaine d’hommes et de femmes attendent la distribution de ce graal liquide.

Condamnés à boire de l’eau contaminée
Andreï Chapaev, responsable des projets humanitaires de Nochlechka nous explique :
Chaque jour, tant ici à Saint-Pétersbourg qu’à Moscou, dans chaque ville, nous distribuons bien 200 bouteilles par tournée.
À Moscou et à Saint-Pétersbourg, ceux qui ont soif n’ont nulle part où trouver une source d’eau potable. Les sans-abris sont condamnés boire l’eau des rivières, des canaux, avec les conséquences sanitaires correspondantes, ajoute-t-il.
Marina Kolmakova de Charity Hospital le confirme : les sans-abris en se désaltérant avec l’eau polluée attrapent diarrhée, gale, hépatite, teignes, pyodermite, conjonctivite, otites, salmonelles, amibes, rotavirus.
Maria ajoute : si l’eau est indispensable à toute vie, elle peut être également vecteur de nombreuses maladies et parfois provoquer la mort.

L’insensibilité des pouvoirs publics
Plus de cinq ans déjà que Nochlechka mène ce type d’action.
L’ONG en profite pour sensibiliser la citoyenneté, lui rappeler que les sans-abris, non seulement n’ont aucun accès à l’eau potable, mais qu’ils ne sont pas autorisés à entrer dans les bains publics, et qu’ils ne trouvent aucune toilettes et de douches publiques gratuites.
Nous détestons tous que certains sans-abris sentent mauvais, mais nous ne pensons pas au fait qu’ils n’ont tout simplement nulle part où se laver souligne, outré, Grigori Sverdline, le directeur de Nochlechka.

A Moscou, à Saint-Pétersbourg, ils sont des dizaines de milliers de sans-papiers sans-abris à survivre dans d’exécrables situations, aidez-nous à leur donner de l’humanité.

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