Retrouver sa dignité

Vous ne vous rendez-pas compte ce que cela peut signifier de pouvoir porter des habits propres nous dit Sacha en sortant de la blanchisserie installée il y a cinq ans par Nochlechka.
Grigory Svederlin, directeur de Nochelchka, souligne lui aussi l’importance de cette possibilité :
Souvent, nous n’aimons pas le fait que les sans-abris sentent mauvais mais jamais nous ne pensons qu’ils ne peuvent ni se doucher, ni nettoyer leurs habits.
Grâce à la chaine de blanchisserie Prachka.Com, pour le moins, une partie d’entre eux peuvent maintenant, depuis cinq ans, le faire.

Une première en Russie
Il y a exactement cinq ans, nous avons ouvert la blanchisserie à Saint-Pétersbourg, une première dans toute la Russie s’enthousiasme Andreï Chapaev, responsables des opérations humanitaires de l’ONG
Un lieu où une personne dans le besoin, sans-abri, peut s’habiller de propre et conserver sa dignité.

Cet événement a attiré l’attention des médias et s’en sont fait l’écho. Visionnez aussi cette vidéo.

L’opprobre
Les sans-abris sont doublement stigmatisés poursuit Andreï Chapaev : leur apparence et leur odeur désagréable et aussi le fait qu’ils survivent dans la rue.
Personne, ou presque, se demande si la personne, ainsi à l’abandon, a choisi cet état de fait déplorable.
Pour tout un chacun, quoi de plus facile de prendre soin de soi, de se laver, et de déambuler dans les rues bien mis sur soi.
Une évidence qui est loin d’être celle de toutes et tous.

Cinq ans déjà, se sentir bien
Dans notre ville, jusqu’en 2016, il n’y avait pas un seul endroit où un sans-papiers sans-abris pouvait nettoyer ses vêtements gratuitement.
Et même avec quelques roubles en poche, cette personne ne peut quasiment jamais accéder à une blanchisserie publique, on ne la laisse pas entrer ajoute Andreï Chapaev.

De très nombreux bénéficiaires
Au fil des ans, plus de 3’500 personnes ont utilisé machines à laver et séchoirs.
Elles ont pu attendre, en robe de chambre, que leurs habits sentent à nouveau bon et cela plus de 27’000 fois.
Parmi ces personnes à la dérive, il y en a qui cherchent un boulot et qui ont besoin de présenter bien à l’entretien, d’autres, plus prosaïquement, de se sentir un être humain.
Et aussi, et surtout, éviter de ressentir la condamnation et parfois même la haine du passant croisé dans la rue.

Un véritable espace culturel
A la blanchisserie on ne trouve pas que des barils de poudre à lessive ou encore quelques produits adoucissants, les étagères sont garnies de livres, des piles de journaux aussi attendent les clients.
Quelques plantes d’intérieur donnent au lieu un je ne sais quoi de chez soi.
Et le soir, une fois les sans-abris repartis, il arrive que le lieu se prête comme décor pour un film, d’espace de répétitions pour une troupe de théâtre et aussi, quelques volontaires du tricot s’y sont réunis pour confectionner des vêtements chauds pour les sans-logis.

Une blanchisserie accueillante
Poursuivant nos rencontres à la blanchisserie de Nochlechka, Marina nous raconte sa satisfaction alors que son linge tourne dans la machine à laver.
C’est par un SMS en provenance de Nochlechka que j’ai su qu’il y avait une blanchisserie pour nous, nous les sans-abris, dit en préambule Marina.
Oui Nochlechka nous a distribués des téléphones mobiles et ainsi nous sommes au courant de leurs diverses actions.
Pour laver mon linge avant c’était très difficile, parfois j’utilisais l’eau des canaux mais si la milice nous surprenait, elle emportait les vêtements.
Aujourd’hui plus de problème. Et de plus, cette blanchisserie est un bon endroit, au chaud, où nous pouvons même boire du thé en toute tranquillité.

Aidez-les
Nous dépensons 192 roubles, 2.50 CHF, pour qu’une personne puisse laver ses affaires.
Merci de nous soutenir, et si vous pouvez nous envoyer un don régulier, cela serait magnifique.

Nous aimerions en faire tellement plus, mais nous sommes toujours à la limite de nos moyens financiers.

Sauvons des vies.

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