Non à l’esclavage

En juillet 2023 une initiative pour légaliser les maisons de travail voit le jour.
Ces établissements s’apparentent à des centres d’esclavage où le travailleur n’a pas de jour de repos, les horaires n’ont pas de fin, la nourriture est des plus rudimentaires, les dortoirs tout juste bons à protéger leurs habitants des intempéries.
Ces centres n’ont aucune existence légale. Lire article

Réinsertion sociale ?
A la manœuvre de cette initiative, Natalia Pochinok, membre de la Chambre Sociale de la Fédération de Russie et Yelena Topoleva-Soldunova, membre du Conseil Gouvernemental des Tutelles.
Via le ministère du Développement Social de la région de Moscou, elles ont proposé à la Chambre Publique de la Fédération de Russie que les sans-papiers sans-abris soient envoyés dans ces lieux de travail intensif pour “offrir un soutien vital aux personnes sans domicile fixe”.
Et dans ce but, il faut légaliser les maisons de travail forcés.

Selon la définition de Mesdames Pochinok et Topoleva-Soldunova sont concernés : les citoyens de la Fédération de Russie, les citoyens étrangers, les apatrides, les personnes qui ont perdu leurs liens sociaux, professionnels et (ou) familiaux, vivant effectivement dans la rue, dans des lieux publics, des lieux aux conditions dangereuses pour leur vie et leur santé, qui ne sont pas enregistrés en leur lieu de résidence ou de séjour, ou qui n’habitent pas en leur lieu d’enregistrement à la suite de la destruction de leur domicile, d’une fraude ou d’une combinaison d’autres circonstances.

Levée de boucliers
Tant bien même que ce n’est pas la première fois que le pouvoir, sous ses diverses formes administratives et politiques, cherche un moyen de “nettoyer” la présence des sans-papiers sans-abris, la proposition de Mesdames Pochinok et Topoleva-Soldunova a soulevé bien des résistances.

Les ONG travaillant avec cette catégorie sociale ont exprimé leurs craintes et leurs doutes.

L’initiative sociale d’envoyer des sans-abris dans des foyers sociaux de travail s’apparentant à de l’esclavage, ne fera que légitimer cette pratique, dit un membre d’une de ces ONG voulant rester anonyme.
L’initiative ne doit pas se transformer en poursuites policières pour sans-abris, estime Olga Demicheva, présidente de l’organisation Aide équitable du docteur Lisa. Demander de l’aide devrait être un choix volontaire de la personne, et non une contrainte de la part des forces de l’ordre, note-t-elle. Si un sans-abri ne viole aucune norme sociale ni enfreint la loi, il a lui-même le droit de décider s’il accepte toutes les prestations prescrites dans ce projet, conclu-t-elle
Mikhaïl Fedotov, l’ancien chef du Conseil présidentiel pour les droits de l’homme (CDH), estime qu’avant de lancer une telle expérience, il est nécessaire d’en discuter à nouveau attentivement avec les ONG qui travaillent sur les problèmes des sans-abris depuis de nombreuses années.
– Quant au président actuel du Conseil des droits de l’homme, Valery Fadeev, dans un raisonnement un brin cynique, il se montre également sceptique quant à cette initiative : Je ne peux pas dire que je suis ravi d’une action aussi humaniste. La plupart des sans-abris ne veulent pas travailler, estime-t-il Ce n’est pas parce qu’ils sont particulièrement méchants ou paresseux. Le principal problème est qu’ils sont très difficiles à socialiser.

Projet abandonné
Suite à ces multiples remarques, le ministère du travail a pris position et a enterré l’initiative.
L’adoption de ces recommandations peut créer une situation dans laquelle l’assistance à une personne sera impossible en vertu du fait qu’un cas particulier dépasse le cadre juridique définissant une personne ayant besoin d’aide, a déclaré un représentant du ministère du Travail.
Il a ajouté que: le département ne soutient pas les formats proposés par Pochinok et Topoleva-Soldunova pour organiser l’emploi des sans-abris, puisque l’emploi des citoyens est possible seulement à leur demande conformément aux normes du Code du travail.

Il est certain que cette décision représente une victoire pour les ONG défendant les droits humains et les sans-papiers sans-abris.

Guère d’illusion à se faire
Cet épisode ne clôt pas le sujet. En effet, tant que l’Etat laissera ces maisons de travail exister, l’exploitation des plus faibles de la société russe se perpétuera.
De même, tant que l’Etat ne régularisera pas le statut administratif des sans-papiers sans-abris ces abus se poursuivront.

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