Ivan l’aveugle

Mais comment faites-vous pour vous déplacer demande interloquée Marina Kolmakova, étudiante en médecine ?
Eh bien, juste comme ça, à tâtons, avec mon bâton, répond en souriant Ivan Sergeevich, sans-papier, sans lunettes.

Un handicap supplémentaire
Je suis venu ici, à Obukhovo, (où sont installées les Douches pour Toutes et Tous) pour me laver et faire ma lessive. Le responsable m’a dit que j’avais mauvaise mine, qu’il valait mieux que j’attende la visite médicale.
Ivan Sergeevich, sans-papier sans-abri, la quarantaine, un bonnet sur les yeux, enveloppé par un long manteau, bien épais, l’enrobant jusqu’aux chevilles, et dessous, plusieurs couches improbables de pullovers, de pantalons et de collants chauds complètent son dispositif anti-cramine.

Sans-papiers, sans-abris, sans lunettes
Lorsque l’on croise un sans-logis, rarement l’on pense qu’il peut avoir des problèmes de vue explique Marina Kolmakova.
Marina appartient à la brigade de Charity Hospital, cette équipe de jeunes soignantes et soignants qui hebdomadairement délivre des soins de premières urgences aux sans-logis du Bus de Nuit, du Centre d’Accueil, de l’Abri de Nuit et comme ce soir, des Douches pour Toutes et Tous.

Tout est flou, fantomatique
Pouvez-me dire ce que vous voyez lui demande Marina ? A gauche c’est le brouillard, vaguement des formes et à droite c’est un petit peu mieux répond fataliste Ivan.
Vous ne pouvez pas continuer ainsi, nous allons nous occuper de vos yeux, vous fournir des lunettes, peut-être même vous opérer, vous avez tous les symptômes d’une cataracte bien avancée.

Sans-papier pas de lunettes
Oui, les sans-papiers sans-abris peuvent souffrir d’une vision réduite comme nous, mais ils n’ont pas les moyens d’aller chez l’oculiste, d’acheter des lunettes, ajoute Marina Kolmakova.
Par conséquent, Charity Hospital sélectionne des malvoyants et distribue gratuitement jusqu’à 12 paires de lunettes par mois, après examen ophtalmologique bien évidemment.
Reste à croiser les doigts pour que tout se mette en place et que tout prochainement Ivan pourra retrouver le confort visuel qu’il mérite comme tout un chacun d’entre nous, nous dit encore Marina.

A Saint-Pétersbourg, toutes et tous n’ont pas des problèmes de vision, mais plus de soixante mille personnes survivent dans des conditions indignes. Nous essayons de les aider au mieux.

Notre tâche est immense.
Aidez-nous à donner plus d’humanité.

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