Ça grince à Moscou

Y’a pas à dire, le projet d’un Centre d’accueil à Moscou rencontre bien de l’animosité. La réunion organisée avec les habitants du quartier en est une belle illustration.

Vous êtes un con pour moi
Le ton est donné, de nombreux habitants de Begovoy vitupèrent le directeur de Nochlechka, Grigori Svederlin, venu avec d’autres collaborateurs expliquer, une fois encore, qu’accueillir les sans-papiers sans-abris ne représente aucun danger pour le voisinage.
Seule une minorité s’oppose énergiquement à notre projet nous déclare Girgori. Un peu plus d’une centaine sur 42’000. Nous savons que ceux qui nous soutiennent sont majoritaire ajoute-t-il.

Optimisme forcé ?
Les chiffres divergent quant à cette opposition.
Natalya Zlati, une résidente de Begovoy estime elle que : les opposants s’élèvent à 1’500 mais ne reflète en rien l’humeur du plus grand nombre de la population.
Ce n’est pas le cas de Kira Gorchakova. Elle pense que l’emplacement sur Begovoy ne convient pas.
Les immeubles d’habitation sont trop proches et il y a deux sections pour enfants, ce n’est donc pas souhaitable. Non pas parce que les sans-abris sont des gens de deuxième classe, mais il faut trouver une autre option qui conviendrait à tout le monde.

Comme très souvent, les solutions à apporter aux urgences humanitaires rencontrent des majorités favorables, tant que cela ne se passe pas chez eux.

Une affirmation corroborée par le sondage effectué par la société de conseil KSIlab, à la demande de Nochlechka.
Lors de cette étude d’opinion publique à laquelle ont participé 300 habitants du district de Begovoy, il s’est avéré que la majorité (81% des réponses) estimaient que les sans-abris avaient besoin d’une assistance sociale supplémentaire. Mais ne précisaient pas où cette aide devait avoir lieu.

Les autorités ont peur
Emboîtant le pas à ses administrés, la députée municipale du district de Begovoy, Zoya Andrianova, a déclaré : Les partisans de votre projet ont apporté de la nervosité sociale dans notre région, ceux qui sont contre sont accusés de fascisme et de tous les maux.
Les autorités de Bergovoy, même avant de donner leur accord, menacent d’effectuer un nombre considérable, systématique et continuel de contrôles de cet éventuel Centre d’Accueil. Ils espérent décourager Nochlechka.

Affaire à suivre
Et pourtant Nochlechka, pour rassurer les inquiétudes, a sollicité les autorités pétersbourgeoises afin de confirmer que son Centre d’Accueil, sa Blanchisserie, ne sont pas facteurs de troubles. L’ONG a même invité à Saint-Pétersbourg quelques habitants récalcitrants qui sont revenus de leur voyage convaincus du bienfait du projet.

La tâche est immense, soutenez-nous, sauvez des vies.

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