12-04-14 le goulag

Décidément certains membres de la Douma, le parlement russe, ont de la suite dans les idées. Après Vitaly Milonow et Andrei Beschtanjko, c’est au tour du député Cirille Chtitov de proposer des mesures extrêmes pour effacer les citoyens russes sans-papiers, sans-abris, des rues de ce pays.

Son credo : par le biais de travaux forcés on pourrait aider les SDF à revenir à une « vie normale ».

Pour ce faire, Cirille Chtitov est entrain de mettre sur pied un groupe de travail afin de préparer un projet de loi et de le présenter lors des prochaines séances du parlement.

Pour Chitov, le problème des SDF qui passent la nuit aux entrées des immeubles devient de plus en plus grave à Moscou et dans d’autres grandes villes, tout spécialement aux abords des gares.

Selon lui et ses collègues parlementaires, ces sans-abris accroissent la criminalité et créent des conditions antihygiéniques.

 

 

Un retour en arrière

Rappelons que dans le Code pénal de l’ancienne URSS, l’article 209 stipulait que : « Le vagabondage et la mendicité systématique entrainent une incarcération de 2 ans suite à 2 avertissements administratifs. »

Cet article était en vigueur jusqu’au 5 décembre 1991, date à laquelle il fut abrogé, et le vagabondage ne fut plus considéré comme un délit.

Actuellement, la Direction générale du Ministère de l’Intérieur ne peut donc résoudre ce problème à cause des lois présentes.

Le projet veut donc modifier plusieurs lois dont le code des délits administratifs de la Fédération de Russie.

Abondant en ce sens, le président de la commission législative de la Mosgordouma, Alexandre Semennikov, explique qu’aujourd’hui il est impossible de résoudre le problème des sans-abri car le fait même du vagabondage ne présuppose aucune responsabilité.

Il précise que : « …des actions telles que le travail forcé ou le placement dans un foyer touchent  le domaine des droits individuels et des droits de l’homme lesquels ne peuvent être limités que par la législation fédérale ».

 

 

Les travaux forcés pour les sans-abri

De ce fait,Cirille Chtitov va proposer une modification de la constitution, un retour à certaines lois communistes.

Son projet prévoit que : « Passer la nuit dans des endroits publics, par exemple dans les entrées des immeubles, pourra être officiellement considéré comme un délit pour lequel  les sans-abris seront envoyés de force dans des foyers sociaux et obligés de participer aux travaux publics. »

Cirille Chtitov rejoint en cela la proposition de Vitaly Milonow et Andrei Beschtanjko : créer, loin de toute agglomération, des camps de travail pour les sans-papiers, sans-abris.

Ces messieurs oublient de préciser qu’en Russie des millions de citoyens sont privés de tout droit faute de papier d’identité, Propiska, que ces citoyens de seconde zone ne peuvent trouver ni logement, ni travail officiel, ni accéder, sauf rares exceptions, aux soins d’urgences et que très vite ils deviennent ces bomzh, ces sans-logis que l’on veut maintenant reléguer dans des camps de travaux forcés.

Dans ce contexte, le 4 avril 2014 a eu lieu un débat télévisé organisé par la chaine Canal 100 réunissant Grigory Sverdlin, directeur de Nochlezhka, le député Vitaly Milonow et Serguei Malinkovitch, secrétaire du comité central du parti « Communistes de la Russie ».