
Les enfants sans-papiers, les « biez », portent un sobriquet approprié puisqu’en russe biez signifie sans.
Sans attache familiale, sans aide étatique ou si peu, sans visage pour l’administration russe, sans papier et sans Propiska, abandonnés de tous, ils n’ont pas d’abri, pas d’identité. A Saint-Pétersbourg, de nombreux orphelins survivent dans la rue.
L’article 57 n’est pas toujours respecté
En Russie, la législation concernant les orphelins est formelle : l’article 57 du nouveau Code du logement, paragraphe 2, adopté en 2004 stipule : le logement est accordé en priorité, à leur majorité civile, aux orphelins qui sont restés sans soutien parental ou familial, dès leur sortie des établissements d’enseignement et autres foyers publics, y compris ceux de l’aide sociale, des familles adoptives, des orphelinats de types familiaux.
Un trafic véreux
Il arrive que des fonctionnaires peu scrupuleux sont de mèche avec le propriétaire de la chambre promise à l’orphelin. Entre eux, ils préfèrent la revendre au premier chercheur de logement venu et empocher l’argent plutôt que de le remettre à l’orphelin. Ce dernier, devant ce fait accomplis, se retrouve totalement démunis. S’il essaye de se plaindre aux autorités il recevra des menaces de mort. Il ne lui reste plus qu’à se réfugier dans la rue.
Ces magouilles se multiplient et sont juteuses lorsque l’on connaît la crise du logement dans les grandes villes et que l’on sait qu’au début de 2024, environ 32’000 à 34’000 orphelins vivaient dans des structures d’État.
Fin 2025, la ville de Moscou a pu fournir des appartements à environ 900 orphelins alors, que Moscou compte de 17’000 à 18’000 orphelins ou privés de protection parentale.
Pas d’orphelin pour les étrangers
Le tableau serait incomplet si l’on oubliait qu’au mois de décembre 2012, le gouvernement de Vladimir Poutine a interdit aux Américains d’adopter des orphelins russes. Ceci avant tout pour des raisons de politiques extérieures entre les deux Etats.
Ce tour de vis à tendance à s’appliquer aussi, et de plus en plus, aux autres pays étrangers dont des citoyens seraient susceptibles de vouloir adopter un orphelin russe.
A ce sujet le texte énonce : “L’adoption des enfants (citoyens de la Fédération de Russie) par des citoyens de nationalité étrangère n’est admise que dans les cas d’impossibilité de transmettre ces enfants aux bons soins des familles de citoyens de la Fédération de Russie qui habitent en permanence sur le territoire de la Fédération de Russie…Ces étrangers doivent habiter en permanence à l’étranger, hors du territoire de la Fédération de Russie, et par des personnes sans nationalité russe.”
Notre tâche est immense, aidez-nous à donner plus d’humanité.
Nous avons besoin de votre indispensable appui.
Important : malgré les embuches du boycott, nous arrivons toujours à transférer votre appui financier.