Juste un peu de bonheur ?

Larisa Mikhailovna Anisimova n’est pas une sans-papier typique. Très soignée de sa personne, son langage riche, élaboré, dépeint une femme instruite.
Extorquée, Larisa, est l’exemple russe que tout un chacun peut finir à la rue.

Aujourd’hui, depuis trois mois, Larissa, 70 ans, loge au Centre d’Accueil de Nochlechka. Fin février elle trouvait refuge dans l’une de nos Tentes de la Survie.
Elle nous raconte sa catastrophe.

Une terrible dégringolade
L’année dernière encore, j’étais une entrepreneuse à succès, je me trouvais à la tête d’une fabrique de pâte et propriétaires de quelques points de vente dans la ville de Saint-Pétersbourg.
Un négoce depuis près de vingt ans, des dizaines d’employés, la réussite économique en quelque sorte nous raconte Larisa les yeux embués de chagrin.

Les malfrats à la maison
J’ai eu deux enfants, Vlada ma fille 38 ans et Alex mon garçon, 43 ans. Alex a travaillé en Pologne, il y a connu sa femme, leur union n’a pas tenu longtemps malgré la naissance de ma petite-fille, Olga.
A Saint-Pétersbourg, Alex a sombré, devenu chauffeur de taxi, il passait d’une fille à l’autre, il fut impliqué dans une affaire criminelle. Alex logeait chez moi.
Ne me demandez pas de quoi il s’agit, je n’ai toujours pas compris. Seulement des truands sont venus le menacer, lui demander de l’argent, beaucoup d’argent. Alex est parti, il a filé. Alors les malfrats s’en sont pris à moi, toujours plus agressifs, méchants, ils sont capables de tout. Ils m’ont interdit de prévenir la police, qu’ils me massacreraient.

Du jours au lendemain plus rien, c’est terrible
J’ai dû non seulement liquider mon entreprise mais aussi vendre mon appartement.
Du jours au lendemain je n’ai plus rien eu. Plus rien.
Je me suis retrouvé à la rue. Mon fils ? Aucune idée il a disparu. Sans-logis j’ai perdu ma propiska. Sans un kopek, ma fille, mes amis ont regardé ailleurs.
Vous ne pouvez pas imaginer ce que signifie de se retrouver ainsi à errer dans les rues, à tendre la main pour subsister.
C’est terrible, terrible dit-elle, d’autant plus que rien dans ma vie antérieure m’avait préparé à pareille déchéance.
Et l’hiver qui arrivait, quelle horreur.

En larmes
Je ne sais pas quand ce cauchemar terminera. Je suis ici, maintenant, à Nochlechka, je n’ai aucune idée de ce qui se passera demain. Je ne veux plus rien, rien ne m’intéresse plus. Je suis déjà si incroyablement fatiguée, si fatiguée.
Si seulement mon Alex était en vie, si seulement nous pouvions partir pour la Moldavie retrouver ma petite-fille, si seulement, rêve Larissa à haute voix dans un torrent de larmes.

Les juristes de Nochlechka travaillent sur ce cas. Avant tout redonner une identité administrative à Larissa. Permettre qu’elle retrouve ses droits plein et entier de citoyennes pour que dans un deuxième temps, elle dépose plainte contre la violence et l’extorsion que Larissa a subies.

A Saint-Pétersbourg, plus de soixante mille personnes n’ont aucun droit.
Notre tâche est immense.
Plus que jamais nous avons besoin de votre indispensable soutien.

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