Je n’y vois goutte

Voyez docteur on m’a volé mes lunettes. L’autre soir je m’étais couché sur un banc du parc Plochtchad Alexandra Nevskogo, on m’a frappé à la tête, pris mon sac à dos et moi qui n’avais déjà rien, j’ai tout perdu.

Dmitri Valeryevich, sans-papier sans-abri, la cinquantaine bien marquée, est assis sous l’auvent de l’Abri de Nuit. Zoia Korobova, bénévole de Charity Hospital l’ausculte.
Dmitri Valerievich est confus, sa pression artérielle frise les 200/100, il se plaint de bourdonnements dans les oreilles.

Opticienne ambulante
Y a-t-il quelque chose que vous ne comprenez pas ? N’hésitez pas à poser des questions encourage gentiment Zoia.
Non, non, tout est clair, docteur, Dmitri Valeryevich secoue la tête et sourit avec embarras, je ne vois tout simplement pas, les lettres sont douloureusement petites.
Ni une, ni deux, Zoia procède à un rapide examen de la vue, entre autres munie d’une règle Adhoc, elle mesure la distance inter pupillaire.
Il s’avère que Dmitri Valeryevich souffre d’une déficience visuelle prononcée.

Pour Dimitri, cette vision des plus défectueuses est un obstacle supplémentaire à sa survie. Simplement s’orienter est un calvaire.
Pour que ses problèmes de visions soient pris en charge, Zoia Korobova contacte l’infirmière en chef du Centre ophtalmologique de Vision, Alina Markov. Elles organisent une prise charge gratuite et rapide où personne ne demandera ses papiers d’identité à Dimitri.

Des besicles de rechange…
En attendant, un examen ophtalmologique dans les règles de l’art, Zoia Korobova trouve dans le stock de lunettes que Charity Hospital trimbale toujours dans ses trousses, une paire qui s’ajuste pas trop mal au problème de Dimitri.
Bien sûr c’est très loin d’un idéal souligne Zoia Korobova mais à choisir entre laisser Dimitri dans un sacré brouillard ou lui permettre de se repérer en ville, ce pis-aller est un moindre mal.
Et d’ici deux jours, Dimitri sera soigné au Centre ophtalmologique de Vision.

En quête de lunettes
Pour que des personnes comme Dmitri Valerievich puissent être pareillement équipé, Charity Hospital a installé divers points de récoltes.
Les citoyens sont appelés à apporter leurs lunettes qui ne leur servent plus.
Toutes les dioptries sont les bienvenues, ainsi que des étuis à lunettes, des lunettes de soleil et même des montures vides.
Chaque paire est analysée, ses spécificités oculaires inscrites et ainsi nous constituons une réserve susceptible de dépanner un sans-papier sans-abri avant qu’il ne soit pris en charge, explique encore Zoia Korobova.

Ce soir-là, la vie difficile de Dmitri Valeryevich avait un problème en moins.

Quotidiennement nous venons en aide à des centaines de sans-papiers sans-abris.

Merci de nous soutenir, nous avons besoin de vous.

 

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.

Ce site est protégé par reCAPTCHA et le GooglePolitique de confidentialité etConditions d'utilisation appliquer.