Grise de froid

Je vous assure il gèle si fort que la terre est devenue plus sombre, grise foncée, sinistre, s’exclame Nadezhda, une femme d’une soixante d’année, le visage buriné par son exclusion sociale. Nadezhda a trouvé refuge à l’Abri de Nuit.
Elle nous demande si nous n’aurions pas une paire de chaussures en rab. Les siennes, sans aucun doute, ont vécu, d’où cette sensation de froid décuplée.
Pour les chaussures et autres vêtements il faut que vous vous rendiez à Nochlechka. Là-bas ils en distribuent lui conseille Pavel, le gardien de l’Abri de Nuit, tout en lui tendant une chaude paire de chaussettes en laine bariolée.

Le sol est sombre, glacé
Elles ont été tricotées par des volontaires ajoute Paval, nous en avons reçu une belle quantité, des écharpes, des bonnets, des mitaines aussi. Nous allons les distribuer tout à l’heure.
Dehors le vent souffle méchamment, autour de l’abri, le sol est sombre, glacé. La vive lumière au-dessus de la porte d’entrée s’y réfléchit brillamment.
Bien du monde attend que l’abri ouvre. A l’intérieur les médecins bénévoles déjà se préparent, ils enfilent masques et blouses.

L’hypertension
Ce soir le flux des patients est conséquent, les consultations s’enchaînent sans répit.
Je m’attendais à ce qu’il y ait déjà des blessures plus graves, comme des gelures, des chutes dues à la glace, mais non, raconte Alina, médecin généraliste qui vient de terminer ses études, elle œuvre en général à l’hôpital Botkin. Ils sont nombreux à souffrir d’hypertension, ce n’est guère surprenant quand l’on connait les conditions de survie auxquelles ces sans-abris sont confrontés diagnostique-t-elle songeuse, à haute voix.

Exposés aux terribles frimas
Nadyusha se chargent de la distribution des tricots. Elle espère, un peu inquiète, qu’il y en ait pour tous. Les hommes demandent souvent des articles plus sombres : noir, brun foncé, bleu foncé, uni. Ils restent très traditionnels, nous dit-elle en souriant.
Iouri, le grand-père sans-abris, a les yeux qui brillent, il regarde son écharpe avec émotion, un bout de tissu laineux aux allures de miracle.
Ils sont tous si démunis ajoute Nadyusha, si exposés aux terribles frimas. Pour le moins ces cadeaux les abritent un peu.

L’hiver létal
A Saint-Pétersbourg, plus de soixante mille personnes soufre des assauts mortels de l’hiver.
Nous essayons d’en protéger un maximum.
Rappelons que la saison dernière 947 personnes y sont mortes de froid.
Sans vous, sans vos appuis financiers, ces possibilités de sauver des gens ne seraient tout simplement pas possible, tant notre tâche est immense.
Regardez le reportage de France 2, vous comprendrez à quel point nous avons besoin de vous.

Soutenez-nous, vous sauvez des vies.

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