Diogène à Moscou

Je dormais dans un de ces tubes colorés en plastique que l’on trouve sur les places de jeux, ces tunnels dans lesquels les enfants s’amusent.
Protégée des éléments météos, une doudoune pour ne pas avoir trop froid, mon logement se limitait à cette espace, relate Ksyusha.
Dès l’aube, je partais, je craignais la réaction des parents. Je revenais à la tombée de la nuit, une fois que tout le monde avait regagné son chez soi.
Entre temps, j’errais à la recherche de quelques pitances.

De mal en pis
Ksyusha est née dans un petit village près d’Irkoutsk. Très bonne élève, elle parle couramment anglais.
A 13 ans elle doit quitter l’école, travailler comme serveuse dans un café, ses parents, parfois violents, ont besoin d’argent.
A la longue, une situation insupportable.
Ksyusha à 16 ans, elle part à Moscou, trouve un emploi, un appartement qu’elle partage avec un ami.
En mai 2022, Ksyusha est licenciée. Sans économie, elle ne peut plus payer le loyer et se retrouve à la rue. Sans logis, Ksyusha perd sa Propiska.

Le salut sur Google
Très vite je me suis rendu compte de ma dégradation physique, morale. Je n’allais pas tenir le coup indéfiniment, ni même un mois, poursuit Ksyusha.
J’ai utilisé Google pour rechercher une institution qui vient en aide aux sans-abris et je suis tombée sur Nochlechka et son Bus de Nuit.
Je me suis rendu à l’arrêt le plus proche, tout de même à près d’une heure et demi de marche d’où je me trouvais.
Enfin un repas chaud, de la soupe. Yura, le chauffeur, m’a dit de me rendre le lendemain au Centre d’Accueil

Un jour de juin
C’était en juin, l’aube pointait, Ksyusha n’était que la treizième dans la file d’attente pour entrer et voir l’assistante sociale, se rappelle Daria Baibakova, la directrice de Nochlechka Moscou.
Nous avons installé Ksyusha dans notre refuge, nous l’avons aidée à restaurer ses documents.
Il nous a fallu trois mois pour lui trouver un emploi comme assistante d’une entreprise technique.
Ksyusha est devenu la première employée du nouveau service d’assistance téléphonique. Elle a économisé un peu d’argent, a loué une chambre non loin de son travail et a quitté notre refuge samedi dernier.

L’autre soir, j’ai rencontré Ksyusha, elle se rendait à la distribution d’habits et de produits d’hygiène que nous organisons. Non pas comme sans-papiers sans-abris mais comme bénévole.
Aujourd’hui, Ksyusha est tirée d’affaire, ajoute Daria, souriant de cette heureuse conclusion.

Aidez-nous à sauver des vies, notre tâche est immense.

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