Ce terrible froid

Tu sais que le Bus de Nuit va apporter des couvertures de survie ? Ah, je n’étais pas au courant, mais cela va sacrément nous aider à ne pas crever de froid.
Oui, mais va falloir sortir, tu entends comme le vent hurle, et ce froid à fendre les pierres et cette neige qui n’arrête pas de tomber, nous allons finir par être ensevelis.

L’abri de la dernière chance
Piotr, Maxim et Andreï se sont réfugiés dans cet immeuble à l’abandon. Au sous-sol ils ont pu transformer une vaste cave en un refuge de fortune. Protégés des intempéries, ces trois rescapés d’un hiver particulièrement rude, ont longuement hésité d’allumer un feu en ces lieux, de peur d’être complétement enfumés. Mais à l’étage supérieur, ouvert à tout vent, c’est mission impossible. Et là, dans la cave, il fait froid, humide. Le rare éclairage provient de la cage d’escalier.
Allez, on essaye. Avec des planches de chantier, Piotr, Maxim et Andreï tentent, tant bien que mal, d’allumer ce feu. Mais rien n’y fait, le bois charbonne, il n’y a qu’une fumée grise qui s’en dégage, pas la plus petite flamme.
Il n’y a pas à dire, l’arrivée du Bus va nous faire du bien.

Dans la tourmente
Le Bus de Nuit, pour atteindre le 2em arrêt, proche de la gare de Ligovo, au pied de l’autoroute de Tallinn n° 90, s’efforce de se frayer, vaille que vaille, un chemin. La route juste déblayée est giflée par le vent, la visibilité est réduite à dix mètres tant le rideau de neige est épais. Le véhicule avance très lentement, ses roues patinent en un bruit sinistre. Les essuie-glaces sont à la peine.
Dans l’habitacle silencieux, les volontaires retiennent leur souffle quand soudain Pavel s’exclame, je n’arrive pas à comprendre comment des êtres humains puissent être laissés dehors par pareille météo. C’est criminel. Vous imaginez-vous dans de telles conditions, que ferions-nous ? Comment s’en sortir ?

Des silhouettes dans la nuit
Au bout d’un chemin cahotant, les phares du Bus de Nuit éclairent une petite dizaine de personne. Serrées les unes contre les autres, ces silhouettes se sont réfugiées sous le pont routier.
Bien du monde n’est pas venu, de peur de perdre sa place, de peur de cette météo meurtrière. Quelques sans-abris prennent double ration pour apporter ces victuailles chaudes, une soupe, du thé à celles et ceux restés à l’abri.
Il y a aussi du pain, et des friandises. Mais surtout ces fameuses couvertures de survie récoltées il y a trois jours de cela. Nombreux sont les citoyens qui ont répondu à l’appel. 974 couvertures ont été réunies à Saint-Pétersbourg, 271 à Moscou.
Nochlechka espère avec cette distribution que le taux de mortalité ne sera pas trop élevé en ces jours de blizzard, d’intense fricasse.

A l’abri
Nos deux Tentes de la Survie font le plein, l’Abri de Nuit aussi. Exceptionnellement les sans-abris qui s’y réfugient peuvent y entrer plus tôt, à 18h00 au lieu de 20h00, et y rester jusqu’à 09h00.
Nous sommes tout à fait conscients que ce n’est pas idéal, qu’il faudrait pouvoir les protéger 24h/24h mais nous n’en avons pas la possibilité matérielle ni humaine, explique Andreï Chapaev, responsable des actions humanitaires.
Nous demandons à la ville d’ouvrir de nouveaux centres d’hébergement d’urgence gratuits. Nous demandons également, pour les centres existants, d’abaisser les critères d’accès afin que toute personne dans le besoin puisse y trouver refuge, quelles que soient sa situation, avec ou sans papier

Pour Piotr, Maxim et Andreï, ces couvertures de survie représentent l’espoir de ne pas geler, de repousser la mort blanche.

Nous faisons tout ce qui est en notre pouvoir pour sauver des vies, aidez-nous.

Important : malgré les obstacles du boycott, nous arrivons toujours à transférer votre appui financier.