Cancéreux à la rue

Vous savez cela fait deux jours que je n’arrive rien à avaler se plaint Vladimir Sergeevich. C’est comme si j’avais une drôle de présence brulante dans mes tripes, je vomis tout ce que j’avale.
Il est 20h00, le Bus de Nuit s’est arrêté tout prêt de la gare de Ligovo à Saint-Pétersbourg.
Ce soir, deux volontaires de Charity Hospital nous accompagnent.

Mal au bide
Tout en auscultant Vladimir Sergeevich, ils nous expliquent que les brûlures d’estomac et les douleurs gastriques dans l’abdomen sont une plainte récurrente chez les sans-papiers sans-abris.
Vous savez, on ne peut pas dire que leur alimentation soit des plus diététiques, de plus l’eau qu’ils boivent est rarement potable.
Et là, au bord du chemin, difficile d’établir un diagnostic précis.
Nous lui conseillons de se rendre à notre hôpital, le seul qui reçoit des sans-abris sans-papiers sans demander des pièces d’identité.

Cancer
Deux nuits plus tard, on apprend que Vladimir Sergeevich a été hospitalisé. Les médecins, après un examen approfondi, lui ont diagnostiqué un cancer de l’estomac.
Ils vont l’opérer.
Vladimir Sergeevich a de la chance si l’on ose le dire.

Il y a une dizaine d’années, les sans-papiers sans-abris atteint de maladies graves n’avaient aucune chance d’être soignés.

On se rappelle du cas de Vitali
En 2010, ce jeune garçon de 17 ans est atteint d’un cancer en phase terminale, sans possibilité de recevoir des soins par le simple fait d’être sans document administratif.
Vitali fut victime de l’éternel schéma russe qui permet de négliger totalement les droits d’un patient sans identité.
Cette personne agonisante a été ballottée d’un endroit à un autre, de diagnostics superficiels à l’absence totale d’analyses médicales. Vitali est décédé dans de terribles souffrances.
Lire l’article qui lui a été consacré.

D’indispensables exceptions
Aujourd’hui à Saint-Pétersbourg, grâce à des organisations bénévoles comme Nochlechka, Charity Hospital, l’Hôpital Botkin et son directeur Anatoly Kurkovskaya, les sans-papiers sans-abris peuvent, malgré leur non existence administratrice, recevoir des soins.
Ces rares structures sont les seules à assister cette population survivant dans la rue. Elle est estimée à plus de 50’000.
Même si la constitution russe exige que tout citoyen soit soigné et malgré les diverses évolutions des assurances et des nouvelles directives de prises en charge des hôpitaux, sur le fond rien a changé en douze ans.

En sursis
Les nouvelles en provenance de l’hôpital sont mitigées.
Si l’opération a été un succès, les chirurgiens n’ont pas pu retirer complètement la tumeur, le cancer s’est métastasé.
Une sonde a été installée pour nourrir Vladimir Sergeevich.
La semaine prochaine, Vladimir Sergeevich retrouvera l’extérieur mais impossible pour Charity Hospital qu’il reste dans la rue, comment y recevoir des soins palliatifs ?
Il faut de tout urgence lui trouver un toit.

Le sans-abrisme n’a pas disparu le 24 février
Merci infiniment de votre confiance, continuez à soutenir notre travail.
Il sauve de nombreuses vies.

Important : malgré les embuches du boycott, nous arrivons toujours à transférer notre appui financier, plus indispensable que jamais.

 

 

 

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