Apparences trompeuses

Bravant le froid d’une nuit précoce balayée par un blizzard méchant, des pères noëls pas comme les autres arpentent les abords des stations de métro, des gares de Saint-Pétersbourg. Ils haranguent les passant pressés, leur demandent de participer à la collecte annuelle de Nochlechka.

Des Cendrillons en rouge et blanc
En cette nuit, ce sont une dizaine de sans-papiers sans-abris qui ont revêtu les attributs du père noël.
D’ombres de la nuit, ils deviennent ainsi, par la grâce de l’habit, des personnes de lumière.
Les sourires des passants, les yeux émerveillés des enfants, autant de chaleur humaine donnée à ces pères noël d’un instant qui en reçoivent généralement si peu.
Par cette initiative, ces bannis de la société existent soudainement aux yeux des citoyens lambdas, croisés dans la rue.

Un peu de lumière
Alors que par chez nous, sous les hospices du covid, les habitants essayent, tant bien que mal, de satisfaire leur soif d’achats, en Russie, noël n’est prévu que pour le 7 janvier.
Pour Nochlechka, pas question que les sans-abris ne puissent, eux aussi, fêter le nouvel an.
Depuis plusieurs années déjà, l’ONG organise une vaste récolte et peut distribuer ainsi près de 700 cadeaux aux laissés pour compte.
Chaque paquet enrubanné offre des conserves de viande, de poisson, de purée de pommes de terre, des nouilles instantanées, un paquet de biscuits, 10 sachets de thé et des sachets de sucre raffiné, du chocolat et des bonbons au caramel, des mandarines, du dentifrice, une brosse à dents, une barre de savon, 10 lames de rasoir, de la crème pour bébé et une paire de chaussettes.

Ce ne sont pas des ombres
Il est très important aussi de ne pas cesser de montrer aux Pétersbourgeois que les sans-papiers sans-abris ne sont pas des ombres, qu’ils existent. Ces personnes ont besoin de notre aide, eux aussi veulent vivre une vie normale qui leur est refusée habituellement pour un simple problème de papier d’identité nous explique Andreï Chapaev, responsables des affaires humanitaires de l’ONG.
Les sans-abris sont confrontés à un nombre infini de problèmes complexes, absurdes, kafkaïens. Pour y remédier nous avons besoin du soutien de tous.
J’espère aussi qu’en cette période de grand froid, la solidarité sera présente en ces jours de festivités et de partage, ajoute Andreï.

Soutenez Nochlechka, vous sauvez des vies

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