Adieu la rue

Qui ne l’a pas rêvé, quitter cet endroit hostile, inhumain, retrouver une existence normale, celles de ces citadins qui chaque jour empruntent les artères de la ville et, nous le croyons, ont des quotidiens merveilleux.
Regagner la vie d’avant. Ce rêve, Nochlechka, chaque jour, tente de le réaliser pour des centaines de sans-papiers sans-abris.

Le Centre d’Accueil de la rue de Boroyava abrite, entre autres, un certain nombre de personnes qui suivent des cours de réhabilitation. Leur donner une formation professionnelle, leur retrouver des papiers d’identité, leur permettre d’acquérir un logement, tel est le but.

Un nouveau départ
Andreï, Victor, Valentin, Maxim, Stefan, Nikita sont parmi eux.
Andrey étudie pour devenir opérateur de machines-outils à commande numérique et commencera bientôt un stage à l’usine de Kirov.
Victor a reçu une formation d’agent de sécurité de 6e année, il se prépare maintenant à présenter une licence.
Valentin débute un apprentissage à l’hôtel Hilton en tant qu’électricien. Au terme de son instruction, il recevra une lettre de recommandation qui l’aidera à trouver un emploi. En attendant l’apprentissage, Valentin œuvrait comme manutentionnaire dans une entreprise de livraison de nourriture.
Maxim travaille avec un ami. Leur job, poser des kilomètres de moquette dans des grands bureaux. Maxim espère trouver un gagne-pain plus valorisant.
Ivan rénove des appartements. Lorsqu’il recevra son premier salaire, il ira trouver sa mère vivant dans la région de Mourmansk, puis, avec le soutien de Nochlechka, Ivan étudiera le métier d’électricien.
Stefan est à la recherche d’un poste de mécanicien automobile, mais en raison de son âge et de son état de santé, ce n’est pas si facile. Avec Stefan, nous réfléchissons où il pourrait étudier, afin que, pas trop tard, il puisse trouver une profession à sa mesure.
Nikita a demandé la restauration de son passeport. En attendant, nous lui avons donné une carte d’identité temporaire. Nikita est employé temporaire. Il réfléchit à un métier plus stable.

Les rescapés de la rue
Effectivement, il n’est pas toujours aisé à ces survivants de s’orienter vers une existence plus conventionnelle.
Patience, persévérance, abnégation, volonté farouche sont des principes de base pas toujours récompensés à la hauteur des espérances et des efforts entrepris.
La survie du sans-papier provoque de telles séquelles qu’il n’est pas aisé de toutes les atténuer.

Les vieux de la vieille
Face à ce constat, nous sommes toujours impatients de prendre des nouvelles de nos « anciens » nous explique Dasha Lysukhina, administratrice du Centre d’Acceuil.
Fin novembre, pour la première fois, nous avons organisé une rencontre en dehors de Saint-Pétersbourg ajoute-t-elle. Un chalet généreusement prêté sur les rives du lac Хепоярви, (Khepoiarvi se situe sur l’isthme carélien dans le district de Vsevolozhsk de la région de Leningrad, dans la partie nord-est du village de Toksovo.)
Nous y avons invité des musiciens, mangé des kebabs, nous sommes amusés avec des jeux de société et un billard.
En plus des téléphones que nous passons régulièrement à nos anciens, ces réunions font partie du suivi donné pas notre service social. Ces contacts permettent de savoir comment ils vont, s’ils ont besoin d’aide.
Leurs expériences de réinsertion, leurs témoignages sont des plus utiles pour affiner au mieux les conseils que nous pouvons donner aux « nouveaux » nous dit encore Dasha Lysukhina.

Aider Nochelchka, soutenir nos projets, c’est sauver des vies

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