On ferme

Fin mars sonne l’heure de la fermeture des Tentes de la Survie. Peu importe la météo, l’heure c’est l’heure. S’il continue à geler, à neiger, les sans-abris doivent regagner l’inclémence de la rue.

C’est ainsi
Le contrat passé avec les divers propriétaires des terrains, privés ou publics, accueillant ces abris chauffés arrivent à leur terme. Et il est toujours des plus difficiles, pour ne pas dire impossible, de prolonger les délais pour quelques jours ou quelques semaines, explique Anna Malinina, responsable des Tentes de la Survie à Saint-Pétersbourg. On ne peut que le regretter, ajoute-t-elle.

Un endroit sûr
Nos deux tentes, celle de Kushelevka et celle de Shkiperskiy, ont accueilli plus de douze mille personnes en ces cinq mois d’hiver. Ceci grâce aux multiples soutiens financiers qui ont appuyé cette mesure humanitaire. C’est beaucoup et en même temps si peu lorsque l’on sait qu’à Saint-Pétersbourg, ils sont plus de soixante mille sans-papiers sans-abris. Que l’on sait aussi, que nos deux Tentes peuvent accueillir un maximum de 100 personnes par nuit et que celles-ci, en général, reviennent soir après soir.
Cette présence quotidienne et répétitive de chaque individu démontre ainsi que la grande majorité des sans-abris restent à la merci des intempéries, du froid, de l’humidité. Rappelons que lors de l’hiver 2024-2025, 1’532 sans-abris sont mort de froid à Saint-Pétersbourg.

L’impossible accès
Chaque hiver, nous demandons à l’administration pétersbourgeoise de faciliter l’accès des sans-papiers sans-abris aux centres d’accueil publics. Depuis nos débuts en 1990, c’est la même litanie que nous leur servons, “soyez charitables, prenez en compte les conditions météorologiques pour protéger cette population privée d’abri“. Et tant bien même que nos relations avec l’administration se sont nettement améliorées, que parfois elle nous donne un coup de main pour réaliser une action humanitaire, sur le fond rien ne change, leurs centres restent fermés à toutes celles et ceux qui n’ont pas leurs papiers d’identité en règle, peu importe s’ils doivent en mourir de froid.

Un nouveau chauffage
Cette saison, la Tente de la Survie de Shkipersky est passée au chauffage au bois.
Ce changement a engendré une charge de travail supplémentaire pour le personnel et une légère réduction du nombre de places d’hébergement, mais il a aussi apporté de nombreux avantages. Nous avons éliminé le bruit du poêle à mazout, ses odeurs désagréables et les dysfonctionnements occasionnels. De plus, le feu de bois crée une ambiance paisible profitable à toutes et tous et le budget combustible a été réduit.

En toute saison, nous faisons tout pour sauver des vies. Notre tâche est immense, aidez-nous à donner plus d’humanité. Nous avons besoin de votre indispensable appui.

Important : malgré les embuches du boycott, nous arrivons toujours à transférer votre appui financier.