Leur journée

Comme chaque année, Nochlechka décrète une journée dédiée aux sans-abris. Cette année, le 30 mars sera marqué par diverses manifestations. Leur but, sensibiliser la population, lui expliquer que la grande partie des sans-abris sont avant tout des victimes du système légal et administratif russe. Qu’en ce pays, il est facile de se retrouver à la rue, que les sans-abris méritent respects et considérations.

Tous azimuts
De nombreuses activités sont prévues. Un concert d’orchestre de rue aura lieu à Moscou près des bureaux de l’un de nos partenaires – une campagne d’affichage intitulée « Espace de vie » (une métaphore soulignant que la surface de toute publicité est plus grande que l’espace de vie disponible pour une personne sans-abri) sera lancée – une œuvre d’art sur le thème du sans-abrisme, réalisée par l’artiste pétersbourgeois Misha Marker, sera crée – un restaurant reversera une partie des recettes à Nochlechka – Andrey Chapaev donnera une conférence sur l’histoire du sans-abrisme en Russie – une table ronde sur le sans-abrisme se tiendra dans un bar de Saint-Pétersbourg – et plusieurs articles seront publiés dans les médias.

Sans toit, ni loi
En Russie, curieusement, les droits individuels ne sont pas attachés à la personne, mais à sa résidence.
Contrairement à une majorité pays où l’enregistrement de son logement est un simple acte notifié aux autorités, en Russie, pour recevoir un enregistrement de résidence permanente, il faut soit être propriétaire, soit avoir la permission du propriétaire.
S’il n’y a pas de résidence, il n’y a pas d’enregistrement, la fameuse Propiska, et sans Propiska vous n’avez aucun droit.
Une personne sans enregistrement ne peut ni travailler légalement, ni recevoir des allocations pour ses enfants, ni une pension d’invalidité ou de vieillesse. Elle ne peut pas bénéficier de l’aide médicale gratuite ou encore s’adresser au tribunal. Le nouveau-né d’une mère sans-papier ne peut être enregistré, ni recevoir des soins, puisque sa mère administrativement n’existe pas.
Très vite, un sans-papier devient un sans-abri.

Etre à la rue
Le sans-abrisme désigne la période qu’une personne passe dans la rue.
Les deux premières années, les sans-abris entreprennent des démarches pour s’en sortir, puis leur volonté, leurs forces déclinent.
Et malgré ces efforts, sans soutien extérieur, il est quasiment impossible de retrouver une vie normale. Dans les pays où le système d’aide aux sans-abris est mieux développé, les personnes passent généralement moins d’un an dans la rue.
En Russie, il n’existe pas d’aide sociale et de réinsertion systématique pour les sans-abris. Une personne non enregistrée dans notre pays est privée de nombreux droits civiques. Sont inaccessibles aussi, les prestations sociales, certains soins médicaux et bien d’autres prestations encore.
L’espérance de vie d’un sans-abri dépasse rarement les sept ans.

Un enfer
Être sans-papier sans-abri, survivre dans la rue, ont des conséquences terribles.
Vous savez, nous affrontons une impitoyable réalité. Cela fait des mois que je végète. Mon quotidien se résume à ne pas mourir, raconte Timofeeus.
Simplement pour s’abreuver est une lutte, aucun point d’eau potable n’est à notre disposition. Pour nous nourrir, il y a les poubelles, spécialement celles des restaurants, des fast-foods, souligne encore Timofeeus.

Nous faisons tout pour les aider, notre tâche est immense, aidez-nous à donner plus d’humanité.

Important : malgré les embuches du boycott, nous arrivons toujours à transférer votre appui financier.